Hinstin

Contextes de " Hinstin "

 « A Monsieur HINSTIN, mon ancien professeur de rhétorique ;

sont dédiés, une fois pour toutes les autres, les prosaïques morceaux que j'écrirai dans la suite des âges, et dont le premier commence à voir le jour d'hui, typographiquement parlant. » (Poésies I)

Gustave Hinstin (1834-1894). Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, puis de l' Ecole d'Athènes, agrégé ès-lettres (1858) professeur au lycée impérial de Saint-Etienne (classe de troisième, 1858), à Bar-le-Duc (id., 1859), professeur de Rhétorique au lycée impérial de Lille (1860) puis de Pau (1863-1866), rétrogradé professeur de seconde à Lyon à la rentrée 1866. Il sera impliqué dans une affaire de moeurs en 1876 qui conduira l'administration à le muter comme professeur de troisième à Montpellier. Il tente de se suicider le 7 novembre 1877. Chargé d'un cours complémentaire de littérature grecque à la Faculté de Dijon en 1878. A peine est-il nommé professeur en mai 1880 dans cette ville qu'il se voit contraint de démissionner, toujours pour raison de moeurs. Sa famille aurait été au courant de sa pédérastie. Les critiques d'aujourd'hui sont amenés à se demander si le départ d'Hinstin du lycée de Pau pour celui de Lyon ne serait pas dû à une mesure disciplinaire liée à des affaires de moeurs. Rappelons que d'octobre 1863 à 1866, Ducasse fréquente le lycée de Pau. La thématique homosexuelle traverse Les Chants de Maldoror ( Voir notamment Chant V) ; certains commentateurs proposent de lire la (pseudo) confidence du chant deuxième (« On raconte que je naquis entre les bras de la surdité !  ») comme une allusion à un épisode directement biographique : l'aveu voilé de relations sexuelles avec Hinstin qui souffrait de surdité. (cf. CL, III-IV).

La seule photo connue de Gustave Hinstin le représente en 1858, alors qu'il était pensionnaire à l'Ecole d'Athènes (document publié dans Le Visage de Lautréamont, de Jacques Lefrère).